En collaboration avec une équipe internationale, une équipe de recherche du NMBE a réalisé pour la première fois une comparaison systématique de la neuroanatomie des chiens et des loups. Au total, 243 chiens et loups représentant un large éventail de races et de populations ainsi que différentes formes et tailles corporelles ont été étudiés. Nombre d’entre eux proviennent de la collection du NMBE. Comparés aux loups, les chiens ont des cerveaux plus petits, mais ils présentent beaucoup plus de différences de forme. En outre, certaines régions sensorielles des chiens ont également des proportions différentes. Il s’agit d’un exemple éloquent de ce que l’on appelle l’évolution en mosaïque, confirmant ainsi l’une des hypothèses les plus fortes sur le développement du cerveau chez les mammifères – celle selon laquelle différentes régions du cerveau peuvent se développer différemment dans le temps.
Un développement plus rapide que prévu
Il est également intéressant de noter que le lobe frontal et les régions cérébrales associées au comportement social sont proportionnellement plus grands chez les chiens que chez les loups. Ces zones sont plus marquées chez les races particulièrement «coopératives» que chez les races indépendantes. Cela souligne à quel point la sélection humaine, en particulier les races sociales, a influencé le développement et la composition du cerveau des chiens. Les races «anciennes» comme le husky sibérien présentent une neuroanatomie plutôt semblable à celle du loup par rapport aux races «modernes» comme le berger allemand. Bien qu’il ne s’agisse pas de l’objectif principal de l’étude, il semble que des facteurs génétiques jouent également un rôle dans les différences de développement cérébral au sein des races de chiens.
Dans l’ensemble, le cerveau des chiens est nettement plus «intégré» que celui des loups. Un cerveau intégré signifie que les différentes sous-régions, en particulier les zones sensorielles, sont mieux coordonnées les unes avec les autres. Ces résultats remettent en question la compréhension traditionnelle de la capacité évolutive du cerveau des mammifères et contredisent les hypothèses de longue date de la théorie de l’évolution selon lesquelles un cerveau fortement intégré indique une capacité évolutive lente. Ils soulignent plutôt la capacité d’adaptation exceptionnellement rapide du cerveau des mammifères sous l’influence de la domestication et de la sélection artificielle. L’exemple du chien montre à quel point l’homme a influencé – et continue de le faire – le développement de son animal de compagnie le plus proche.